Communiqué de Mickaël VALLET, 1er Secrétaire fédéral du Parti Socialiste de la Charente-Maritime

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Redonnons VRAIMENT la parole aux militants

 

L’université d’été du Parti Socialiste se déroulera du 29 au 31 août à La Rochelle et aura cette année pour thème principal « la parole aux militants ».

Est-ce le choix de ce thème qui a amené les instances nationales à inviter, pour l’ouverture de nos travaux, le maire de la ville, candidat dissident aux dernières élections municipales, ayant refusé de soumettre sa candidature à la section locale et défait lors d’une primaire citoyenne qu’il avait lui-même exigée ?

Toujours est-il que le caractère inique de cette décision choque les militants Charentais-Maritimes, au premier rang desquels ceux qui, à La Rochelle, ont œuvré pour l’organisation des primaires citoyennes puis ont milité avec abnégation pour la liste socialiste.

 

Vallet-Mickaël-DRIl existait pourtant bien des possibilités pour permettre aux instances nationales de remercier comme il se doit la Ville de La Rochelle de son accueil. La fédération du Parti Socialiste n’aurait rien trouvé à redire à un accueil du Premier secrétaire, des membres des instances du parti ou du Gouvernement à l’hôtel de ville ou à toute autre démonstration de gratitude organisée parallèlement à notre université d’été. La ville ne manque pas de terrasses en vue pour démontrer la bonne entente réelle qui a toujours existé entre Solferino et le premier magistrat. Mais faire ce choix de l’ouverture des travaux, dans la salle plénière de l’espace Encan, devant toutes les instances du Parti Socialiste est une provocation inutile envers les militants qui ne va pas dans le sens de l’apaisement. Si l’unité de la gauche est un objectif permanent, la réconciliation ne se décrète pas et ne s’obtient pas par le passage en force et les démonstrations unilatérales. Elle se construit intelligemment, dans le temps, collectivement et à force de preuves de bonne volonté. Le jusqu’au-boutisme que nous constatons fait prendre bien des risques inutiles et condamnables à la gauche charentaise-maritime et à La Rochelle comme ville organisatrice de notre université.

 

Comme ils le font chaque année avec un dévouement et un sens profond de la camaraderie, les militants charentais-maritimes mettront tout en œuvre pour accueillir leurs camarades militants venus de toute la France et faire de cet événement un moment utile et convivial pour le socialisme pour lequel nous luttons tous. Il faut rappeler que la participation à l’université d’été constitue un effort en terme de temps consacré et de dépenses pour nos camarades venant parfois de très loin. Nous leur devons la réussite matérielle de ce week-end. La fédération a pris soin depuis plusieurs semaines de ne faire aucune déclaration publique sur le sujet pour laisser toutes ses chances à l’apaisement. Mais constatant que contrairement aux assurances formelles qui m’avaient été données fin juillet par le cabinet du Premier secrétaire national, notre université d’été sera bien ouverte par un élu exclu du parti il y a à peine dix mois et qui déposa une requête fantaisiste (et retirée depuis) en annulation de la primaire contre Solferino, je ne peux que me faire l’écho du dégoût des militants.

 

En conséquence :

– le traditionnel pot du jeudi soir à la fédération est annulé. Cette rencontre retrouvera cette année son format originel, à savoir une rencontre conviviale la veille de l’ouverture entre les seuls permanents de Solferino et les bénévoles Charentais-Maritimes qui ont chaque année plaisir à se retrouver pour oeuvrer ensemble ;

je ne m’exprimerai pas à la tribune en séance d’ouverture vendredi, soucieux de ne pas cautionner le format choisi, et par cohérence et respect vis-à-vis des militants.

Ces décisions ne sont motivées par aucun désir de revanche et par aucune animosité personnelle. La cause pour laquelle les militants socialistes luttent est audelà de ces considérations. Ce qui est en jeu dans le cas présent, c’est l’image même que notre parti a de lui-même. Comment pourrait-il retrouver le respect des électeurs s’il ne commence pas par se respecter lui-même ? En oeuvrant de la sorte, nos dirigeants nationaux veulent donner à penser que le parti socialiste n’a pas échoué à La Rochelle en mars dernier et éviter ainsi de tirer toutes les conclusions qui s’imposent sur notre fonctionnement et notre matrice idéologique. Ils se trompent.

Les élections municipales, comme les autres, ne se gagnent pas en brusquant la réintégration des copains dissidents. Elles se gagnent en convainquant les Français par la justesse de nos positions. Voilà ce que nous dirions si l’on commençait tout logiquement par donner réellement « la parole aux militants ».

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  • Sympathisante PS depuis des années j'ai toujours voté pour ce parti. Aujourd'hui, je ne comprends vraiment plus son fonctionnement et je me pose des tas de questions sur certains de ses représentants, particulièrement ceux qui nous gouvernent. Le cas du maire de La Rochelle m'a totalement sidérée; comment accepter de faire un tel affront aux militants ? N'oublions pas que M. Fontaine a été élu grâce aux voix de ses amis de la droite charentaise. Je vous félicite pour votre texte, il fallait le dire et j'espère que tous les vrais socialistes "de gauche" vont faire en sorte de rétablir un parti socialiste digne de ce nom. Une sympathisante de Charente.
    par Jacqueline TRIJAUD le 29/08/2014

  • Camarades, militants... ? N'est-ce pas une terminologie bien trop dépassée maintenant que le PS est ouvertement, au mieux, de centre droite ? Comment convaincre les Français quand des promesses sont appliquées en bloc en négatif, en version inversée ? Pour moi les collègues du PS peuvent rester des amis, mais plus être considérés de gauche s'ils ne manifestent pas leur indignation devant le suivisme de la politique économique.
    par DUARTE le 28/08/2014

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