Mot-derato : le plein emploi

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mot-deratoUn abus de langage consiste à regretter systématiquement le bon vieux temps des trente glorieuses et de son indissociable plein emploi.

A entendre ce dernier, on comprend tout de suite que les temps sont durs et que le bonheur ancien et le paradis sur Terre sont à tout jamais perdus. Sauf à espérer un hypothétique miracle, nous n’aurions donc qu’à souffrir, travailler plus, plus longtemps, dans des conditions toujours détériorées, avec un code du travail qu’il faudrait progressivement, ou même brutalement faire régresser. Et tout simplement abandonner l’idée qu’il serait possible de concevoir une société où demain pourrait être meilleur qu’aujourd’hui.

Mais c’est oublier un peu vite la révolution culturelle de Mai 1968. En effet, en 1962, alors que les femmes étaient encore strictement cantonnées aux tâches ménagères, le taux d’emploi des 20-64ans était de 67%. En 2010, il était de 76%. Le plein emploi des trente glorieuses n’était donc rien de plus que le plein emploi des hommes. Le plein emploi, tel que présenté par ses thuriféraires, est donc une fiction totale, et sauf à interdire à la moitié de la population active de travailler, il n’est en effet pas prêt de revenir.

Vous conviendrez donc qu’au prochain interlocuteur qui viendra regretter l’époque bénie du soi-disant plein emploi, vous pourrez immédiatement lui rétorquer que, sur le front de l’emploi, revenir sur les acquis de Mai 68 n’est peut-être pas la meilleure solution et qu’il vaudrait mieux partager le travail pour connaître le plein emploi pour tous.

 

Martin Glesser et Bastien Blaque.

 

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