Le Théorème d’Helmut Schmidt

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Un abus de langage consiste à énoncer tel quel le théorème économique de l’ancien chancelier allemand, Helmut Schmidt qui explique que « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». A entendre ce dernier, on comprend immédiatement qu’une politique de l’emploi efficace consiste à aider les entreprises, car ce sont sont elles qui, quand elles sont en bonne santé et font des profits, investissent et créent ainsi de l’emploi et des richesses.

On peut aisément adhérer à ce cercle vertueux. Le problème est que si ce théorème était valable dans les années 70 et au début des années 80, lorsque Helmut Schmidt était au pouvoir, il ne l’est plus du tout à l’heure des années 2010. En effet, selon l’INSEE, en 1980, le pourcentage des profits consacrés à l’investissement était de 60%. En 2010, ce pourcentage est tombé à 30%. Dans le même temps, de 1983 à 2005, la part des dividendes dans la valeur ajoutée est passée de 3,5 à 8%. On comprend facilement où l’argent, hier dévolu à l’investissement, est passé.

Aujourd’hui le théorème économique à avancer serait plutôt « les profits d’aujourd’hui sont les dividendes de demain et le chômage d’après-demain ». Vous conviendrez donc que face au prochain interlocuteur qui vous parlera du théorème d’Helmut Schmidt, vous pourrez lui expliquer, d’une part, qu’aujourd’hui il n’est plus valable. Et d’autre part, qu’il faudrait faire face à l’emprise de la finance pour s’assurer que les sommes engagées soient investies pour favoriser les entreprises qui innovent pour créer de la richesse et de l’emploi et non pour rémunérer les actionnaires.

Bastien Blaque et Martin Glessert

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