NON, CE N’EST PAS POUR ÇA QUE NOUS NOUS SOMMES ENGAGÉS EN POLITIQUE

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Jeunes membres du PS, du PCF, d’EELV ou du PRG, Pierric AnnootKamel ChibliCaroline De HaasLaurianne DeniaudThierry Marchal-BeckCyril Mourin et Marine Tondelier lancent un appel « à se réapproprier la chose publique pour contrer le “ tous pourris ” » et « redonner tout son sens à l’action politique ».

Depuis quelques jours, nous avons un goût amer dans la bouche, un ras le bol, une colère sourde. Et surtout cette idée qui revient : ce n’est pas pour cela que nous faisons de la politique.
Notre engagement est d’abord la traduction de nos révoltes individuelles et collectives face aux inégalités sociales qui s’accroissent, à des destins qui semblent s’écrire dès le berceau,  face à l’appropriation par quelques uns des biens communs, face à un racisme qui perdure, face à des injustices flagrantes telle celle qui fait qu’être née femme en France signifie encore toucher 27% de salaire en moins.

Nos révoltes sont la matière première de notre engagement. Mais si nous avons un jour décidé d’adhérer à un parti politique, c’est qu’à cette révolte s’est vite greffée une conviction profonde : ces situations économiques et sociales, ces inégalités ne sont pas le fruit du hasard ou la faute à pas de chance. Elles sont la conséquence d’un système économique et social, et résultent de choix politiques. Le monde dans lequel nous vivons est le résultat de la volonté et de l’action humaine. Des femmes et des hommes peuvent faire d’autres choix et notre action collective peut produire autre chose. C’est ce qui fait, à nos yeux, la valeur et l’intérêt de l’engagement politique : il constitue  le meilleur outil dont nous disposons collectivement pour transformer la société.

C’est donc aussi pour cela que la situation nous met en colère : ce qui se passe renvoie une image de l’engagement politique qui va à l’opposé de la nôtre, à l’opposé de ce en quoi nous croyons.
La politique, c’est d’abord l’expression de  la volonté et de la souveraineté des citoyennes et citoyens. La démocratie est un bien trop récent et trop précieux pour que nous le laissions s’affaiblir, que ce soit par des choix politiques ou par des fautes individuelles, sans réagir.

Notre conception de la politique, c’est celle qui place avant toute chose le service de l’intérêt général. C’est l’idée que la culture et l’action publique permettent d’agir contre les essentialismes, d’interroger les évidences et la pensée unique. La politique, c’est affirmer que nous pouvons changer le réel pour retrouver le sens du progrès.

C’est par des combats politiques que la gauche et les mouvements sociaux ont obtenu des avancées majeures pour chacune et chacun d’entre nous : congés payés, sécurité sociale, droit à la retraite, SMIC, parité, 35 heures, CMU ou mariage pour tous demain.

En rejoignant un parti politique de gauche, en acceptant d’y exercer des responsabilités, ce sont des batailles comme celles-là pour lesquelles nous nous sommes engagés. Faire de la politique, c’est pour nous s’inscrire dans l’histoire continue des luttes pour l’émancipation. Et cette idée nous enthousiasme.

Nous voulons verser au pot commun de la gauche notre énergie et notre détermination. Parce que nous croyons qu’un autre chemin est possible : une autre politique, qui repose sur le service désintéressé de l’intérêt de nos mandants, une politique qui vise à faire progresser les protections collectives, les conditions d’existences, à rapprocher les citoyennes et citoyens, à relever utilement et positivement les immenses défis – notamment écologiques – qui sont devant nous.

Les affaires récentes creusent un peu plus le désespoir. Nous refusons de laisser le « tous pourris » s’installer dans les esprits. Il ne correspond pas à la réalité des élues et élus, des militantes et militants qui agissent avec éthique chaque jour pour l’intérêt collectif. Ce désespoir n’est pas apparu cette semaine et n’est pas uniquement lié aux « affaires » : il trouve ses racines dans les inégalités sociales qui traversent nos sociétés. Il est également alimenté par le lancinant refrain, selon lequel qu’il n’y aurait aucune alternative possible. Ce refrain mensonger, qui ne cesse de tourner en Europe, selon lequel les politiques d’austérité seraient les plus efficaces pour nous sortir de la crise ou qu’elles seraient les seules possibles.

Du désespoir de l’action publique ne peut naître que la détresse et le repli. Nous savons que seule l’extrême-droite prospère sur ce terreau.

Nous pouvons contribuer à montrer qu’il existe une autre voie. Nous devons redonner espoir dans l’action politique, ré-enchanter l’engagement collectif. Ils sont les instruments dont chacune et chacun peut se saisir pour faire progresser ses droits et construire un monde dans lequel les générations suivantes vivront mieux que la nôtre et que les précédentes.

Pour cela, il y a un besoin d’un sursaut, d’un changement profond par des actes politiques forts pour faire reculer le pouvoir de celles et ceux qui ont intérêt au statu quo et à la remise en cause de nos modèles sociaux.

Nous lançons un appel à tous ceux et celles qui aspirent au changement à se réapproprier la chose publique  pour contrer le « tous pourris », à redonner tout son sens à l’action politique et faire entendre leurs exigences de démocratie et de progrès social. Nous voulons retrouver et garder ce qui fonde l’engagement politique : la volonté, l’espoir et l’enthousiasme.

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  • Ca fait plaisir de vous lire, avec quelques remarques - ne parlez pas de «  sursaut «  c’était un mot à la mode : comme quoi il suffisait de se secouer un peu; non, la marche que nous avons entreprise est longue et pas linéaire. Si on croit que ça ira vite et avec peu d’effort, on tombe vite dans le désespoir., qui est mauvais conseiller. Remettons-nous dans le sens de l’Histoire. -Quand à vivre mieux que nous..du moins qu’ils ne vivent pas plus mal, mais sans doute nos descendants inventeront-ils d’autres modes de vie selon d’autres critères.
    par Meyer Christiane le 14/04/2013

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